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Le Burkina Faso pilote désormais son développement


Le Burkina Faso pilote désormais son développement
par Pierre Protar – Ancien Ambassadeur de l’Union Européenne

Le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (C.S.L.P) constitue depuis 2000 le document de référence pour toutes les interventions en matière de développement au Burkina Faso. Il a été révisé en 2003 et élargi aux treize régions de ce pays, qui, dorénavant, sont dotées, chacune, d’un cadre stratégique régional de lutte contre la pauvreté.

En 2009, prenant compte de l’évolution de la mondialisation, de l’intégration régionale et des avancées socio-économiques du Burkina Faso, le Gouvernement a décidé de renforcer deux dimensions dans le développement du pays : la croissance accélérée et le développement durable. L’adoption en mars 2009 par le Conseil des Ministres de la note conceptuelle du futur Document de stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) traduit une volonté politique de consolider la dynamique de développement tout en renforçant ses bases. C’est pourquoi, l’adoption de la SCADD aura pour conséquences la mise en place ou le renforcement des politiques sectorielles ainsi que la consolidation de la programmation budgétaire et conduira à parvenir à une meilleure gestion de l’aide politique au développement qui doit se traduire par une meilleure cohérence et une meilleure complémentarité au niveau des interventions des différents Partenaires techniques et financiers (PTF), dans le cadre des priorités définies par le Gouvernement décidé à s’approprier pleinement la préparation et la mise en œuvre de sa politique de développement.

I - La mise en place d’un plan d’actions national de l’efficacité de l’aide (PANEA)

Un plan d’actions couvrant la période 2007-2010 a été adopté par le Gouvernement en septembre 2007 pour améliorer l’efficacité de l’aide. Il s’inscrit dans la mise en œuvre de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide. Son objectif est d’accroître cette efficacité au Burkina Faso à travers l’identification et la réalisation d’actions prioritaires susceptibles de lever les contraintes y afférentes.

Pour sa mise en œuvre, le PANEA a prévu un dispositif de suivi et d’évaluation à moyen terme dans l’optique de rendre compte des progrès accomplis.

Les conclusions du Forum d’Accra et les insuffisances constatées dans la mise en œuvre du PANEA I ont conduit à sa révision en 2009. Le Plan d’actions révisé, qui est triennal et glissant, couvre une première période qui se situe entre 2010-2012.
Les objectifs spécifiques de ce Plan sont :
- le recentrage des actions en accordant une place importante au principe de l’appropriation nationale ;
- la mise en œuvre du Plan d’actions d’Accra (PAA) en recherchant un fort impact sur le développement ;
- la consolidation des acquis en matière d’efficacité de l’aide.

Il comprend trois grands axes stratégiques qui correspondent aux défis du PAA et 31 actions-clé ciblées sur les dix indicateurs de la Déclaration de Paris. Il met l’accent sur le renforcement des capacités nationales et invite les PTF à plus d’engagements réels pour un partenariat plus efficace sur le terrain.

La mise en œuvre du PANEA révisé est facilitée par une volonté politique au plus haut niveau de l’Etat pour la mener à bien, par des actions coordonnées aux niveaux national et régional et par une participation active de la part de tous les acteurs impliqués dans le développement, y compris des donateurs, afin de soutenir la mise en œuvre des différentes composantes.

II - Les nouvelles orientations du Gouvernement en matière de coordination et d’efficacité de l’aide

Le Gouvernement a réaffirmé sa volonté d’assurer le pilotage et la conduite de la coordination et de l’efficacité de l’aide.

Les priorités en matière de coordination et d’efficacité de l’aide contenues dans la Note de cadrage adoptée en mars 2009 en Conseil des ministres portent sur trois orientations majeures afin de répondre aux défis que représente l’amélioration de l’impact et de l’aide extérieure sur la mise en œuvre de la politique de développement du pays.

1. Renforcement de l’appropriation du processus de développement à travers une meilleure coordination de l’aide

Afin de permettre le renforcement et l’utilisation appropriée des capacités nationales dans un cadre institutionnel rationalisé (qui prend également en compte les volets décentralisation et déconcentration), le Gouvernement a décidé :

- d’élaborer une stratégie de développement globale qui deviendra le cadre de référence d’intervention de tous les acteurs de développement. Les grandes orientations de ce document-cadre seront présentées aux PTF invités à commenter, puis à appuyer le Gouvernement dans son élaboration et par la suite dans sa mise en œuvre, à partir des priorités stratégiques et sectorielles qu’il aura définies.

- de définir une stratégie de renforcement des capacités nationales afin de rendre cette appropriation effective et efficace, à partir :

o d’une décentralisation opérationnelle, jouant le rôle déterminant de vecteur – porteur du développement,
o de responsabilités bien définies au sein de structures allégées, bien articulées et s’appuyant sur des compétences bien identifiées,
o d’un dispositif d’impulsion et de vérification en vue de faciliter la mise en œuvre à la fois continue et évolutive des composantes de la politique de développement dans un cadre cohérent et participatif regroupant les acteurs concernés et les différents instruments impliqués tant budgétaires qu’opérationnelles,
o de ressources humaines responsabilisés et motivées, en privilégiant la culture du résultat qui se traduira par la mise en place de primes d’encouragement et de résultats,
o d’un socle de procédures et de textes bien interprétés et bien appliqués.

- d’élaborer les politiques sectorielles pour les secteurs qui n’en disposent pas et mettre à jour celles existantes en vue de renforcer et de privilégier l’utilisation de l’approche « programmes d’appui sectoriel ». Cette approche occupera désormais une place prépondérante au niveau de la mise en œuvre de la stratégie de développement et permettra d’éviter le soupoudrage de l’aide et ainsi de regrouper les financements.

2. Partenariat pour l’efficacité de l’aide

Le Gouvernement a réaffirmé sa volonté d’entretenir et de développer une coopération fructueuse avec l’ensemble des PTF. Il s’est engagé à respecter l’ensemble des engagements pris d’un commun accord. A cet égard, il est nécessaire de :

- conduire le dialogue avec les PTF pour parvenir à définir une approche consensuelle prenant en compte les responsabilités du Gouvernement et celles des PTF. Cette approche précisera :

o les domaines et les modalités d’intervention qui devront privilégier les procédures nationales, éviter la fragmentation de l’aide, s’appuyer sur la prévisibilité de l’aide, en veillant à ne retenir que les conditionnalités à caractère contractuel et portant sur les performances du pays,

o la programmation conjointe des évaluations et des audits ainsi que la programmation des missions,

o l’information sur les flux d’aide.



3. Gestion orientée vers les résultats et responsabilité mutuelle

La gestion axée sur les résultats ne peut être effective sans un mécanisme adéquat d’évaluation des actions et des performances de mise en œuvre des différentes composantes de la politique de développement. Aussi, le Gouvernement entend :

- renforcer les capacités de la structure centrale chargée du suivi-évaluation ainsi que des directions des études et de la planification des ministères techniques. Le suivi-évaluation se fera sur la base d’une liste restreinte d’indicateurs-clé nationaux d’impact, de résultat et de réalisation aux niveaux stratégique, budgétaire et sectoriel ;

- améliorer la capacité d’absorption l’aide, notamment par une application affective des textes législatifs et règlementaires en vigueur dans le domaine du développement, facilitée par une politique de formation bien ciblée ;

- mettre en place un système de gestion performant de l’aide à travers des procédures allégées tant du côté des bailleurs que de l’administration nationale.


III - Conclusion : vers la dynamique d’un partenariat équilibré.

Fondé sur la confiance, le partenariat se définit dans un cadre contractuel à partir d’engagements mutuels.

1. La politique de développement de pays est préparée et décidée par le Gouvernement en y associant les autres acteurs institutionnels ainsi que la société civile.

En outre, le Gouvernement est également responsable du pilotage de sa mise en œuvre selon la même démarche ouverte.

Enfin, les PTF l’accompagnent dans la préparation et la réalisation de ce processus qui, pour réussir, doit s’appuyer sur un renforcement des capacités nationales, notamment dans le domaine des ressources humaines davantage responsabilisées et motivées.

2. La décentralisation et ses organes sont appelés à jouer un rôle moteur dans la préparation et la réalisation de la politique de développement.

3. La politique de développement se traduit par différentes politiques sectorielles et intersectorielles (santé et éducation,, eau et énergie, emploi par exemple), ainsi que par des politiques thématiques (bonne gouvernance, genre, environnement etc..).


4. Les politiques sectorielles et autres se réalisent à travers le budget, à la fois expression de la volonté politique du Gouvernement de mettre en œuvre la politique de développement du pays et instrument d’exécution.

Le budget traduit désormais une gestion satisfaisante des finances publiques ; les mêmes avancées se reflètent au niveau de la passation des marchés.

C’est pourquoi, l’accompagnement des PTF devrait à l’avenir se manifester d’une manière cohérente et sans hiatus entre phase décisionnelle et phase d’exécution, compte tenu du fait que les composantes des politiques sectorielles sont définies en concertation avec les PTF. Quant aux procédures budgétaires et celles en matière de passation de marchés, elles sont largement discutées et adoptées dans le même état d’esprit.

Enfin, le renforcement des capacités nationales ne pourra qu’avoir des effets bénéfiques sur l’amélioration du taux d’absorption de l’aide publique au développement.

Voici le Burkina Faso en mesure de se tourner avec confiance vers l’avenir :
stabilité politique, bonne gouvernance en progrès, piliers de la croissance, en voie de renforcement et de diversification, bases du développement en voie de consolidation, participation plus active des bénéficiaires du développement grâce à la décentralisation.

Pays pionnier, le Burkina Faso peut espérer, légitimement, devenir un pays émergent.







pj


Christophe-André Frassa, Sénateur Représentant les Français établis hors de France

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