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50 ans d'Indépendance


Cinquantenaire de l'Indépendance

Bobo-Dioulasso, le 20 mars 2010

Populations de Sya et de la Région des Hauts-Bassins ;
Distingués invités ;

Les grands Empires africains auxquels se sont succédés des Royaumes et des communautés fortement structurés, ont établi des espaces socio-politiques qui ont fait la fierté du monde noir et fourni des matériaux fondamentaux à la construction de la civilisation universelle.

La conquête et la balkanisation du continent, l’instauration d’un ordre colonial destructeur de nos valeurs culturelles et sociales, ont profondément entamé la dynamique d’évolution interne de nos sociétés.

Les légitimes résistances et les luttes émancipatrices contre le système colonial et l’Apartheid, ont assuré la libération politique et les opportunités d’une renaissance africaine.

Au Burkina Faso, les durs épisodes de l’ordre colonial qui ont bouleversé la vie de notre société durant la première moitié du XXème siècle, ont été les ferments essentiels de l’éclosion et de la montée d’un sentiment national fort et d’un engagement déterminé pour la construction d’un avenir commun.

La célébration du cinquantenaire de notre pays comme celle de la plupart des Etats africains, est un devoir de mémoire qui nous renvoie aux luttes héroïques de nos devanciers, lesquels nous ont légué des valeurs d’abnégation, de courage et d’intégrité.

La reconstitution de la colonie de Haute Volta jadis disloquée, la proclamation de la République le 11 décembre 1958 et l’accession à l’indépendance le 5 août 1960, ont ouvert la voie à l’émergence d’un Etat moderne, responsable et résolument engagé dans la quête d’une croissance économique durable et d’un développement partagé.

En ces instants solennels de lancement des activités commémoratives du cinquantenaire, je salue la mémoire du Président Maurice Yaméogo qui a eu la lourde responsabilité de proclamer l’indépendance et d’assumer les hautes fonctions de Premier magistrat de l’Etat naissant.

Je rends hommage au Président Ouezzin Coulibaly, au Moogo Naaba Saaga et à tous les patriotes dont la grande vaillance, l’ardeur au travail et la détermination dans le combat émancipateur, inspirent intensément les générations montantes.

Cet héritage sur lequel se sont forgés l’esprit de tolérance, de solidarité et le sentiment patriotique de notre peuple, représente une immense richesse et un référentiel exceptionnel pour la préservation de nos acquis majeurs de paix et de progrès.

Concitoyennes, concitoyens ;

Le thème du cinquantenaire « 50 ans de construction d’une nation : souvenir et espérance », traduit la volonté de notre nation de célébrer l’enthousiasme de l’ensemble des burkinabè à affirmer leur identité et à créer, dans un contexte de contraintes particulièrement exigeantes, les conditions indispensables à la réalisation du bien-être de tous.

A ce titre, je salue les grandes avancées réalisées, notamment l’enracinement continu de la culture démocratique et l’élargissement des progrès économiques et sociaux.

Je félicite l’ensemble des composantes de notre peuple pour le parcours impressionnant accompli dans l’édification d’une nation mature et maîtresse de son destin.
Les immenses sacrifices consentis par nos illustres prédécesseurs devront fonder notre espérance en un Burkina Faso de progrès continu.

Notre passion de bâtir une nation libre et solidaire puise sa force dans ce passé glorieux, vigoureux et riche en enseignements.

Populations de Sya;

L’organisation des festivités du cinquantenaire s’inscrit dans la logique d’une réflexion stimulante sur les possibilités du renforcement des bases sociales, culturelles, économiques et politiques d’une nation émergente, respectée et solidaire.
Elle exprime également notre volonté commune de construire un monde d’espérance pour les générations futures en nous fondant sur les leçons du passé.

Le Burkina Faso est fier d’entamer la commémoration du cinquantenaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale, sur cette terre de dignité de l’ouest, qui a vu naître de grandes figures de notre histoire comme Guimbi Ouattara, Daniel Ouezzin Coulibaly et Nazi Boni, qui incarnent le courage, l’engagement et l’esprit de sacrifice dans la lutte pour la libération de notre peuple.

Je salue l’exceptionnelle mobilisation des populations de Bobo-Dioulasso, charmante ville qui a su valoriser la diversité culturelle des peuples qui y vivent et en a fécondé une richesse inestimable sur les plans des arts, des sports et de la production économique.

Mesdames, Messieurs ;

La célébration du cinquantenaire est une occasion particulière pour le peuple burkinabè, sa diaspora ainsi que les communautés des pays frères et amis vivant au Burkina Faso, de communier sur l’évolution de notre pays depuis 1960 et de contribuer à éveiller davantage les consciences sur nos devoirs dans la poursuite de l’édification d’une nation harmonieusement intégrée à la communauté ouest-africaine.

C’est pourquoi, j’appelle les travailleurs des secteurs publics et privés, du monde rural, les acteurs politiques, les communautés religieuses et coutumières, les forces de défense et de sécurité, les jeunes et les femmes ainsi que les organisations de la société civile, à une forte mobilisation, afin d’assurer un succès éclatant aux différentes activités, notamment aux réflexions, manifestations de souvenirs, reconstitution d’archives et de participer activement à l’érection de monuments symboles des cinquante ans de souveraineté.

Concitoyennes, Concitoyens ;

Notre peuple, dans sa volonté de bâtir un futur rassurant, a su transcender ses handicaps naturels, en leur opposant la solidité, l’ingéniosité et l’efficacité opérationnelle de ses ressources humaines, ainsi que la qualité de son environnement économique et politique particulièrement porteur pour l’investissement et la production.

La préservation de ces acquis et l’accélération de la dynamique de développement engagée nous commandent d’œuvrer obstinément à la consolidation de la paix et la stabilité dans la sous-région.
Dans ce sens, les efforts déployés par le Burkina Faso pour une résolution durable des crises en Afrique représentent une contribution significative à la promotion de la culture de la paix et du dialogue.



Peuple du Burkina Faso ;

L’innovation, la créativité, l’esprit conquérant et la recherche de l’excellence devront continuer de marquer, pour les 50 prochaines années, nos ambitions de bâtir une nation de tolérance et respectueuse des équilibres écologiques.
Je saisis cette opportunité pour réitérer mes remerciements à tous les amis du Burkina Faso, d’Afrique, d’Amérique, d’Europe, d’Asie, du Moyen-Orient et à nos partenaires au développement pour leurs soutiens constants et multiformes à la réalisation des grandes transformations entreprises par notre vaillant peuple.

Il m’est particulièrement agréable en ce jour, de saluer la qualité des liens qui nous unissent à la France, pays qui partage avec le Burkina Faso, un héritage impressionnant aux plans humain, linguistique et culturel.
A cet égard, la nouvelle dynamique imprimée à la coopération décentralisée consolide le développement à la base et contribue à accélérer l’essor économique des collectivités territoriales de notre pays.

Il nous importe donc d’œuvrer ensemble au renforcement de ce partenariat mutuellement avantageux pour les peuples français et burkinabè.

Concitoyennes, concitoyens ;
Mesdames, Messieurs ;

En vous invitant à vous mobiliser ardemment pour les 50 ans à venir, je fonde l’espoir que cette commémoration soit un moment historique de partage des valeurs de solidarité, d’intégrité et de justice et déclare lancées les activités marquant le cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso.
Je vous remercie.



Béchir Ben Yahmed,
Jeune Afrique l'Intelligent

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