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13ème OIF


Discours du Président du Faso lors du 13ème sommet de l'OIF

"Au moment où s’ouvre la 13ème session de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays ayant en partage la langue française, je voudrais tout d’abord, exprimer à Son Excellence Madame la Présidente de la Confédération Suisse, au Gouvernement Fédéral, aux autorités de la ville de Montreux et au peuple Suisse, ma profonde gratitude pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité généreuse qui ont été réservés à ma personne ainsi qu’à la délégation qui m’accompagne.
Je voudrais aussi leur adresser mes vives félicitations pour la qualité de l’organisation mise en place, qui nous nous offre un cadre agréable et fonctionnel pour abriter nos échanges.

Madame la Présidente ; Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ; Mesdames et Messieurs ;
Le présent Sommet se tient au moment où notre organisation a atteint l’âge de maturité de 40 ans, dans un contexte de globalisation, où les certitudes d’hier sont sans cesse remises en question et parfois de manière brutale.
Face à l’apparition de nouveaux enjeux, à la fois pour l’humanité et pour notre espace francophone, il est heureux que nos assises, placées sous le signe de la réflexion prospective, nous donnent l’opportunité d’explorer ensemble les défis d’avenir de la francophonie et de renforcer les capacités de notre opérateur central (l’OIF) ainsi que des agences thématiques associées pour y répondre plus efficacement.
A cet égard, je voudrais dire que nos échanges doivent prendre appui sur nos acquis en termes d’affirmation des principes et des valeurs de notre organisation mais aussi en termes de mise en œuvre de cadre stratégique et de plan d’action dont les Déclarations de Bamako, de Saint-Boniface, de Ouagadougou et de Québec sont des références clés.

Mesdames et Messieurs
L’Afrique représente près de 50% des locuteurs de la langue française, et le continent où celle-ci connaît la plus forte progression. Mais c’est aussi le continent où se posent avec acuité les défis de la paix, de la démocratie et des droits de l’Homme ainsi que ceux du développement durable, objet des thématiques retenus pour nos débats.
Ceci nous invite à accorder une place particulière à l’Afrique, à travers un raffermissement de la solidarité francophone, afin de mieux soutenir les efforts de développement du continent.
S’agissant des questions relatives à la gouvernance mondiale en ses dimensions de paix, de démocratie et de droits de l’Homme, il me plaît de porter témoignage, que notre Organisation, sous la conduite éclairée de Son Excellence Monsieur Abdou DIOUF, a joué une partition très efficace, dans nombre de pays en crise sur le continent et dans lesquels j’ai assuré les missions de médiation et de facilitation dont j’ai investi.
A ces occasions, j’ai eu le privilège d’apprécier de près la capacité de l’OIF à agir en synergie avec d’autres Organisations sous-régionales et internationales à savoir : la CEDEAO, l’Union Africaine et l’ONU.
Il en a été ainsi :
Au Togo où nous nous félicitons de voir la démocratie se consolider après un processus électoral apaisé.
En Côte d’Ivoire, où plus rien ne semble arrêter la marche vers la tenue des élections présidentielles le 31 octobre prochain et où tous les espoirs de sortie définitive sont permis, nonobstant quelques préoccupations exprimées ces jours-ci, au sein de la classe politique, relatives au mode de calcul des suffrages.
En Guinée enfin, où des avancées notables sont enregistrées, en dépit de la fragilité et des menaces qui pèsent sur l’ensemble du processus de transition. La nomination de l’expert de l’OIF auprès de la CENI, le Général Siaka Sangaré à la tête de l’institution, est de nature à ramener la sérénité dans le processus électoral jusque là bloqué.
S’agissant du développement durable, le défi de parvenir à une agriculture de haute productivité et de hauts rendements, tout en préservant l’environnement et la biodiversité, interpelle notre Organisation. L’un des défis majeurs pour régler la question de la faim en Afrique, reste incontestablement la modernisation de l’agriculture.
A cet égard, mon sentiment est que la solidarité francophone devrait s’exprimer dans deux directions principalement.
La première consiste à renforcer notre coopération en matière de recherche et de partages d’expériences dans l’agriculture, les innovations technologiques et les biotechnologies agricoles, afin d’accroître l’offre de produits alimentaires dans les pays déficitaires de notre espace.
A cet effet il pourrait être mis en place un réseau de recherche sur l’agriculture en Afrique, qui serait le vecteur principal de cette coopération.
Le deuxième axe d’action consiste à établir des partenariats dynamiques pour donner les réponses appropriées aux crises énergétiques structurelles qui frappent nombre de pays du sud, membres de la francophonie. Le développement de l’agriculture que nous venons d’évoquer reste tributaire de l’accès de la population rurale à l’électricité.
L’approche régionale que ces pays, notamment ceux d’Afrique adoptent pour conduire leurs programmes de développement énergétique, se prête parfaitement à l’expression de la coopération et de la solidarité francophone.
Cette solidarité pourrait porter sur la maîtrise des énergies renouvelables et s’étendre au domaine nucléaire.

Les défis sont énormes qui vont des questions de l’adaptation aux changements climatiques, à la lutte contre la pandémie du SIDA, contre le commerce des médicaments illicites et contrefaits et contre les nouvelles formes de terrorisme, mais les atouts de notre Organisation sont tout aussi réels, pour les relever.
Nos acquis dans de nombreux domaines dont la gouvernance démocratique, la défense de la diversité culturelle, le rayonnement international de la langue française attestent à souhait la vitalité de la francophonie et de sa capacité à devenir un acteur majeur de la gouvernance mondiale sur les plans de la paix, de la démocratie, des droits de l’Homme, et sur le plan développement humain durable.
Nous devons les progrès réalisés par notre Organisation ces dernières années, au travail remarquable abattu par le Secrétaire Général de l’OIF, M. Abdou Diouf. Sa clairvoyance, son obstination et sa forte conviction ont renforcé la position de notre organisation sur la scène internationale. Je suis convaincu qu’investi de notre confiance, il saura relever les défis d’avenir de la Francophonie. Je ne peux manquer de féliciter toute l’équipe de l’administration de l’OIF qui épaule le Secrétaire général dans sa mission.
Pour clore mes propos, je forme les vœux que nos présentes assises marquent le passage à une nouvelle échelle dans l’action, dans l’efficacité, la solidarité et dans la visibilité de notre Organisation.
Je souhaite plein succès à nos travaux.

Je vous remercie.




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