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Le Burkina-Faso vu par...

Grâce de Capitani, comédienne


Ouagadougou, le Burkina Faso.
Le bonheur en cadeau.
Au pays des hommes intègres.

A l’occasion d’un concert caritatif, à la salle Gaveau à Paris, je rencontre mon amie, l’actrice Eva Darlan, en pleine répétition pour sa nouvelle pièce. Elle me demande, si je peux la remplacer, puisque malheureusement indisponible pour participer au Fespaco, le plus grand festival du film africain du 28 février au 8 mars 2011. Enchantée par cette proposition imprévue, c’est avec joie, que j’acceptais de faire partie du voyage.

Afin de mieux faire connaissance, avant le départ, Jean Guion, président de l’Alliance Francophone, eut la gentillesse de m’inviter à diner avec Eva et le délicieux Bernard Montiel, fin connaisseur du Burkina Faso. Je fis donc ainsi connaissance du continent africain, dont je connaissais à vrai dire peu de choses… Il m’adresse un courriel dès le lendemain afin de m’informer du déroulement du séjour. Impressionnant !

Le 28 mars 2011, tôt le matin, je m’envolais pour Ouagadougou via Bruxelles, accompagnée d’autres invités. A bord je fis la connaissance de journalistes, d’une actrice espagnole et d’autres membres de l’Alliance Francophone, tous absolument courtois.

L’accueil sur place, délicieusement chaleureux, pas seulement à cause de la température proche de 35°, me mit à l’aise très vite. Un cocktail de bienvenue organisé par TV5 autour de la piscine de l’hôtel Silmandé, nous plongea immédiatement dans l’ambiance conviviale des Burkinabè, nous offrant un dépaysement total.

Le lendemain, à 7h, l’aventure commençait… Direction Bazoulé, pour aller nourrir les crocodiles sacrés…Je partage ma voiture avec le charmant Théo Phan de France Télévisions . Nous voilà après une ½ heure de route au bord d’un lac encerclés de ces bestioles assez effrayantes, dotées d’une rapidité de déplacement dépassant l’entendement…Jean en attrape un par la queue et m’invite à prendre une photo à ses côtés, je refuse catégoriquement, au bord de la panique, vêtue d’un mini short et sandalettes aux pieds, et m’imaginant déjà servir de déjeuner à ces reptiles sensés être les ancêtres des Burkinabè. On jette aux ancêtres quelques poulets bien vivants, avalés en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Retour à l’hôtel pour déjeuner, puis entretien avec monsieur le ministre de la Culture, un homme et rendez vous avec Michel Ouedraogo, le délégué général du Fespaco, qui au moment de nous quitter, il nous invite le 7 (notre dernier jour) à déjeuner chez lui dans la savane. Invitation que nous acceptons avec joie !

Deuxième jour. Visite du village artisanal, où nous faisons quelques acquisitions à bon prix. J’achète pour mes fils, Christophe, en stage à Pékin, et Julien, au collège à Paris, deux bronzes, un éléphant et un hippopotame, miniatures, cela va de soit !

Retour à l’hôtel avant de visiter un arborétum en plein cœur de Ouagadougou. Ce site magnifique fût durant de longues années un repaire de malfaiteurs et, de surcroit, une décharge publique. Lors de la visite on a du mal à y croire, tant c’est joli … Au détour d’un chemin, un lac que les crocodiles ont recolonisé ! Les Burkinabè vous diront, avec leur humour enchanteur, que c’est bon signe ! Le responsable du site, nous expose avec éloquence l’histoire de ce lieu au passé chargé de coutumes ancestrales. L’homme raconte si bien, nous l’écoutons tous ravis.

Troisième jour, visite du site granitique de Laongo. C’est Jean qui fût à l’origine de la promotion du projet. Là, j’ai eu l’impression de toucher les étoiles, et devant mon émotion, il me demande « tout va bien ? » Je lui fais un énorme baiser (sur la joue), lui assurant que depuis mon départ de Paris, il me fait surfer d’arc–en–ciel en arc-en–ciel !

Ce pays est décidément magique, et je n’étais pas au bout de mes surprises !!! Des blocs de granit sortant du sol sculptés par des artistes de tous les pays du monde. L’émotion est forte, encouragée par notre guide, véritable poète nous racontant l’histoire de chaque œuvre avec un talent inouï. Malgré la chaleur, nous sommes complètement envoûtés. Au retour, une idée me vient : pourquoi ne pas faire de ce lieu magique, un équivalent de Baalbek (célèbre festival libanais de musique, de poésie, de chant) mais au Faso ? J’en parle à Jean … Il trouve l’idée fort bonne, ce qui me fait grand plaisir, étant poète à mes heures. Durant le trajet les idées fusent…

Puis nous avons visité le parc animalier à Ziniaré qui jouxte la Résidence du Président Compaoré.

Nous arrivâmes à l’heure du repas des animaux, nous regardions cela comme des enfants, admiratifs du courage du gardien entrant dans les différents espaces pour chaque espèce. De la gentille girafe, au redoutable hippopotame, en passant par les lions, et les babouins terriblement agressifs.

Retour à l’hôtel pour un déjeuner chargé en commentaires…

A 14h30, en convoi, direction le Wandé, orphelinat fondé et cogéré par Jean Guion et Mama Kouyaté et parrainé par l’Alliance Francophone. Notre mission : y poser la première pierre du centre culturel « Wamdé - Mama Kouyaté » et de l’« espace Stéphane Hessel ». Il m’est arrivé à plusieurs reprises de pénétrer dans un orphelinat de part le monde, j’en étais à chaque fois ressortie emplie de chagrin… Là, la surprise est au rendez vous ! Ces enfants sont heureux, joufflus, souriants, on voit qu’ils ne manquent de rien, ils jouent du tamtam, chantent et dansent. Fatiguée de bonheur, je décide de ne pas aller en projection, afin de ne pas rater le lendemain, la fameuse cérémonie du faux départ !


Quatrième jour. Rendez vous à 6h45, pour un départ groupé en cortège. La cérémonie a lieu chaque vendredi, une sorte de commémoration pour se rappeler qu’une guerre a été évitée (cela vaut le coût avec la conjoncture actuelle !). Sa majesté, l’Empereur des Mossé, nous offre un spectacle riche en émotions. Jean nous explique avec précision chaque étape par le menu. Les photos sont interdites, dommage, car c’est beau. Nous y avons une place privilégiée car une foule de gens s’y presse. Il n’y a pas de dialogues, pas de musique, simplement des séquences symboliques : l’empereur en toge rouge prêt à partir à la guerre, son cheval richement caparaçonné qui l’attend, ses ministres qui viennent lui rappeler que ce qui compte vraiment c’est le travail de la terre, le cheval qui repart à l’écurie mené par un enfant, l’empereur qui revient de blanc vêtu. Une véritable histoire comme celle qu’on peut lire avec les sculptures des porches des cathédrales ! Et là soudain je comprends mieux la signification de la phrase de ce merveilleux écrivain malien Amadou Hampâté Bâ qui a écrit : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle. » Ici la bibliothèque survit depuis le XVIIème siècle, grâce à ce simple relai d’empereur en empereur.

Une audience exceptionnelle avec le Mogho Naba, nous attend ensuite. Une délégation vient nous chercher et nous emmène au palais impérial, juste à côté. Le protocole est rigoureux, il est interdit d’adresser directement la parole à sa majesté, il faut s’adresser aux ministres qui l’entourent….

Après nous avoir fait un discours de bienvenue, très souriant, l’Empereur nous demande si nous avons des questions à poser. Je me lance : « Excellence, je suis actrice, cependant j’aimerais informer sa majesté, que je suis poète, je sais que l’Empereur l’est aussi … mon plus cher désir est de revenir au Faso avec mes recueils, et de les lui offrir ». Le Mogho Naba se lève et sort de la salle d’audience. Nous restons, surpris. Au bout d’un bon quart d’heure il revient plus souriant que jamais, avec son aide de camp, tenant quelques livres sous la main. Cet homme merveilleux, désormais sans pouvoir politique, mais très influent (le peuple l’aime beaucoup) nous fait l’honneur de nous dédicacer son ouvrage de poésie, que j’ai lu depuis, et me suis régalée. Son écriture est simple, directe, et surtout véritable. Et j’en ai côtoyé des « soit disant » poètes à l’écriture compliquée voire absurde. De ces instants fascinants, je garde en souvenir, une jolie photo avec l’Empereur, tous deux la main sur le cœur.

Retour à l’hôtel pour déjeuner. Un peu fatiguée, je décide de me reposer un peu afin d’être en forme pour le soir, car Madame la Première Dame du Faso nous convie à un défilé de mode africaine… Départ 20h, nous y allons à pied, c’est juste à côté du Laïco. On nous place au premier rang, je suis assise à côté du merveilleux Dominique Besnehart (qui alors que j’étais au cours Florent, m’attribuât le premier prix). J’ai eu l’occasion, Dans le cadre de mon métier d’assister à bon nombre de défilés, cependant celui ci fût incomparable… La grâce des mannequins, la diversité des modes, des styles, des couleurs, certaines sobres, d’autres intenses : un plaisir, ravissant pour les yeux, d’être spectateur privilégié. Nous rentrons à l’hôtel, des images plein les yeux. Cependant un créateur a particulièrement retenu mon attention, on le surnomme « le prince du désert ». Il possède le talent de mettre le corps de la femme en valeur, et, cela nous gratifie. Son nom : Alphadi, et je peux vous garantir qu’il m’a portée de « l’alpha à l’oméga » !

Cinquième jour. A 9h30, nous sommes reçus au Palais présidentiel, par le Chef de l’Etat, Monsieur Blaise Compaoré. L’homme est accueillant, élégant, souriant, répondant à nos questions d’une façon claire, simple, mais sans simplifier les choses, directe, évidente. Il a parfaitement compris que les Burkinabè avaient besoin essentiellement d’écoles, de soins, et surtout d’eau. En majorité agriculteurs, Blaise Compaoré a répondu à leurs demandes. Nous quittons le palais, éblouis pour nous rendre, à l’ambassade de France. Une réception y est donnée présence de Xavier Darcos Président de l’Institut Français, et du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. J’ai beaucoup d’amitié pour ce dernier, je n’oublierai jamais mon premier festival de Cannes, à l’occasion duquel nous fîmes connaissance, et sa courtoisie particulière et touchante à chaque fois que l’on se rencontre.

A la suite de cette très belle réception, changement de tenue pour la cérémonie de clôture officielle du Fespaco. La chaleur est intense au stade du 4 août. On nous donne des bouteilles d’eaux fort bienvenues. La distribution des prix est riche en émotions. Réaliser un film en Afrique ne parait pas simple… Et, ceux qui y arrivent ont bien du mérite.

Dimanche 6 Mars. 5h30, départ en hélicoptère pour une visite exceptionnelle du ranch de Nazinga !!! Tout y est bonheur, enchantement et vie ! Des perroquets multicolores s’envolent à notre approche. Quelques élégantes gazelles gambadent devant nous… Nous déjeunons dans ce site magnifique, pendant qu’un troupeau d’éléphants, à quelques mètres, fait ses ablutions quotidiennes dans un grand étang. Un régal, ils sont plus de quinze majestueux, nobles, gracieux. Oui, gracieux…

Retour à l’hôtel pour se rafraîchir. Remise du prix Remise du Prix de l’Alliance Francophone-Orphelinat du Wandé : « Graine de Baobab ». Les enfants jouent de la musique chantent, dansent, impossible d’y rester insensible ; Leur joie de vivre est évidente. Merci, et, bravo Mama Kouyaté au sourire magnifique et à l’œil constamment attentif sur chaque enfant. Je m’incline devant son dévouement.

19 h30 départ pour le Palais présidentiel. Nous y sommes conviés à dîner. C’est le chef de l’Etat qui nous accueille en personne, impressionnant de simplicité. Très élégant, avec un mot pour chacun. Nous prenons place au salon. Nous attendons la Première Dame qui ne tarde pas à se joindre parmi nous, rayonnante, et très en beauté, mettant tout le monde à l’aise. On m’invite à réciter une poésie… Je m’exécute, je la choisis courte et simple. On me félicite et nous passons à table. Jean Guion me place à la gauche du Président. Nous échangerons tout au cours de ce délicieux repas des propos forts intéressants et Madame, en face de moi, m’instruit de ses différentes actions en faveur des femmes tant au Faso qu’en Afrique. C’est une Dame passionnante et passionnée engagée à fond dans ce qu’elle fait. Le couple est soudé, cela saute aux yeux. Retour à l’hôtel, avec du baume au cœur.

Dernier jour. Déjeuner en pleine savane chez Michel Ouedrago, Délégué général du FESPACO. Son épouse est aux fourneaux. Son grand père et son père ont planté une petite forêt de manguiers. Les fruits ne seront mûrs que dans trois mois environ, mais l’ombre sous laquelle nous nous abritons est bienvenue. Du village, tout proche on vient nous saluer. L’hospitalité est naturelle et j’y suis sensible. Le déjeuner nous fait découvrir, des mets doucement mijotés à base de gibier local. C’est un régal ! Malheureusement nous avons les bagages à faire et à penser au retour… Je suis triste, je trouve le séjour trop court ! Cependant, il faut rentrer.

Dans ma chambre je fais ma valise la mort dans l’âme. A l’aéroport, Jean nous accompagne jusque dans l’avion, prenant soin de nous jusqu’à la dernière seconde. L’avion s’engage sur la piste, je ferme les yeux, et vois dans le Burkina Faso une terre semblable à un enfant. Un enfant pur, avec des yeux remplis de bonnes intentions : indispensable facteur de réussite. Les Burkinabè disent volontiers qu’ils se trouvent au milieu de nulle part. Il m’est arrivé de me retrouver au milieu de nulle part et n’ai jamais été aussi proche de la vérité, c’est au milieu de nulle part que se trouve l’essentiel !

Merci, chère Eva Darlan, grâce à toi, j’ai connu des personnes exceptionnelles qui marqueront ma vie à jamais. Théo, m’a dit « la vie nous a fait un cadeau… » je partage son avis !

Et vive l’Alliance Francophone ! Dans le mot alliance il y a une sorte d’engagement et si cette merveilleuse association souhaite me la passer au doigt, je ne refuserai pas !!!

Je dédie ce texte à toutes les belles personnes que j’ai rencontrées au cours du 22ème Fespaco.


pj


Le Professeur Jacques Barrat

Jacques Barrat
En tant que professeur de géopolitique (Université Panthéon-Assas Paris 2) et ancien diplomate, j’ai, je dois le dire, une admiration certaine pour l’action que le président Compaoré a menée ces dernières années. Pour moi, il est d’abord le président qui a su relancer la croissance burkinabè dans le contexte d’un pays stable,...
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En poste depuis trois ans au Burkina Faso, Madame Suomalainen, Chef de la Délégation de la Commission Européenne, s'est confiée au quotidien Sidwaya.
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François-Bernard Mâche,
Membre de l'Institut

« Quelques impressions d'un visiteur au Burkina Faso. Il est des signes qui ne trompent pas dès le premier regard sur un pays. Je ne connaissais pas le Burkina Faso ni l'Afrique noire en général, mais ce que j'ai vu en neuf jours, si partiel que ce soit, me paraît révélateur. Et certaines choses que je n'ai pas vues, malgré mes attentes un peu naïv...
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